Les moyens consacrés à la protection de la nature sont limités. Il est donc nécessaire de les utiliser là où ils sont le plus efficaces, c’est-à-dire pour les espèces menacées et pour lesquelles la Suisse a une responsabilité particulière.
Les listes rouges, qui évaluent le risque d’extinction des espèces selon des critères internationaux (UICN), servent de base. Elles indiquent le degré de menace pesant sur une espèce, à l’échelle mondiale et dans chaque pays. Cependant, ces listes ne fournissent aucune information sur l’importance de la population en Suisse pour la survie globale de l’espèce.
Par exemple, la caille des blés et la perdrix bartavelle sont toutes deux considérées comme menacées en Suisse. La caille des blés est présente dans de nombreuses autres régions d’Europe et d’Afrique ; la population suisse n’est donc pas déterminante. Il en va autrement pour la perdrix bartavelle, qui ne vit que dans les Alpes, en Italie et dans les Balkans. La Suisse abrite environ 6 % de la population mondiale.
C’est pourquoi la classification des espèces prioritaires au niveau national tient compte non seulement de la menace qui pèse sur elles en Suisse, mais aussi de la responsabilité internationale de notre pays envers certaines espèces.
Toutes les espèces classées comme prioritaires au niveau national sont attribuées à l’un des niveaux d’action en matière de protection de la nature. Toutes les espèces relevant du niveau d’action « conservation ciblée des espèces » sont désignées comme « espèces prioritaires pour la conservation ».